Quand on achetait uniquement de l’immobilier dans son propre pays, la question du change ne se posait pas. Quand on partait en vacances à l’étranger, on faisait le change là où c’était le plus simple et où on avait confiance : généralement auprès de sa banque avant de partir, auprès de laquelle on achetait les coupures exotiques et les chèques de voyage.
Si on pouvait, on négociait une commission de change raisonnable, plus rarement le taux. Malgré tout, l’enjeu restait limité : quelques centaines ou milliers de francs ou d’euros vendus ne valaient pas la peine d’une joute avec son intermédiaire dont la rémunération pouvait atteindre 10% de la transaction sur certaines devises et opérations.
C’est encore le cas aujourd’hui pour les 4 sociétés (RIA ENVIA, WESTERN UNION, MONEY GRAM, LA POSTE) agréées par la Banque de France pour effectuer les transferts internationaux (principalement utilisés pour le rapatriement de l’argent des travailleurs migrants). L’agrément de ces sociétés est limité à 8.000 euros par semestre et par personne ce qui n’autorise pas un achat immobilier conséquent et en tout cas pas un paiement comptant.
A ce jour, pour les opérations de change des particuliers qui souhaitent acheter un bien immobilier à l’étranger, les banques conservent une situation de monopole dont elles tirent grand profit. Souvenons-nous que le passage à l’euro a donné lieu de la part des banques à bien des récriminations car cela leur faisait perdre une source de revenus considérables (plus qu’une devise au lieu de 11 dans la zone euro).
Alors combien ça coûte aujourd’hui d’envoyer les fonds nécessaires au paiement d’un prix d’acquisition ?
Tout d’abord, il faut acheter les devises. Les commissions de change longtemps décriées ont pratiquement disparu. Les traders et les banques se rémunèrent sur le taux de change en prenant une marge. Cette méthode de rémunération est d’autant plus discrète que peu de gens connaissent l’amplitude du spread c’est-à-dire l’écart de prix entre un cours médian (taux interbancaire) et le prix « facturé » au client et théoriquement négociable en fonction de la surface du client, du montant de la transaction et du flux d’affaires. Contrairement à une entreprise pratiquant l’import export, la marge de négociation est limitée pour un particulier qui réalisera une opération souvent ponctuelle.
Il faut ensuite distinguer entre les grandes devises (dollar US, Euros) et les devises dites « rares » c’est-à-dire des monnaies de ces petits pays souvent indexées sur des paniers de grandes devises ou d’indices ou autres agrégats économiques. Sur une devise exotique, le spread peut représenter 5 à 6% du montant de votre achat voire plus, l’équivalent d’une commission d’agent immobilier !
Ensuite, il faut envoyer l’argent vers un compte destinataire à l’étranger. Et là les frais varient selon les banques. Ne pas oublier que deux banques sont impliquées dans l’opération. La banque émettrice et la banque réceptrice. Chacune facture des frais qui viendront s’ajouter au prix de vente car en définitive, c’est l’acheteur qui supporte la totalité du coût même si le compte destinataire est un compte ouvert au nom du vendeur qui souvent aura libellé son prix net de frais. Et ce n’est pas négligeable, surtout en cas d’emprunt ou d’achat sur plan en raison des échéances de remboursement ou des paiements échelonnés lesquels multiplient les virements.
Au niveau européen, le nouveau sytème dit SEPA (www.sepafrance.fr) a généralisé le mode de facturation par chacune des banques. En dehors de l’Europe, c’est généralement la même règle.
A terme, cette situation pourrait évoluer. En effet, la récente transposition de la directive sur les services de paiement entrée en vigueur le 1er novembre 2009, devrait d’ici quelques mois permettre l’arrivée de nouveau acteurs et ébrécher le monopole des banques sur les opérations de change. L’un des objectif de ce texte vise à réduire tant le prix du change que les frais de virements internationaux.
http://ec.europa.eu/internal_market/payments/framework/index_fr.htm
Nos conseils :
- Ouvrir un compte dans le pays destinataire à votre nom pour tracer l’arrivée des fonds.
- Valider avec votre banquier le taux de change et le taux médian ainsi que le coût des virements internationaux. Idem avec la banque choisie dans le pays d’accueil. A noter que les banques françaises sont souvent plus chères que les banques locales. Mais offrent d’autres avantages.
- Ne pas oublier de déclarer à l’administration fiscale française, l’existence de ce compte ouvert à l’étranger. C’est une obligation légale.
- Nous consulter pour connaître l’état d’ouverture du marché à de nouveaux acteurs.
© Délocalia juin 2010
Mots-clefs : change devises, devises, finances, frais bancaires, virements étranger